Définition

L’hypersensibilité désigne une sensibilité plus haute que la moyenne, provisoirement ou durablement, pouvant être vécue avec difficulté par la personne elle-même, ou perçue comme « exagérée », voire « extrême, » par l’entourage.

Les « individus hautement sensibles » représenteraient environ 15 à 25 % de la population. Les caractéristiques de cet ensemble découlent d’une plus forte réactivité à une même stimulation, ce qui a des aspects positifs – Jung parle de « caractère enrichissant » – et des aspects négatifs, comme une sensibilité accrue à la peur.

Le terme « individu hautement sensible » est ici traduit par “hypersensible”, mais cette traduction peut porter à confusion. D’autres traductions existent comme “hautement sensible” ou “sensibilité élevée”. Marie-France de Palacio et Saverio Tomasella proposent d’utiliser les termes “ultrasensible” et “ultrasensibilité”, plus précis et plus valorisants.

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Caractéristiques

La timidité et l’introversion ne doivent pas être confondues avec l’hypersensibilité, même si ce sont des réponses possibles, car il existe des hypersensibles extravertis et la thérapie peut révéler une tendance refoulée à l’extraversion chez certains hypersensibles.

Cependant, les personnes hypersensibles n’ont pas une réaction linéaire aux stimulus déclenchant une réponse émotionnelle : 1) les ressentis et réactions sont perçus de manière exagérée par rapport à un individu neurotypique, 2) mais la courbe d’intensité a tendance à suivre un effet de seuil. Comparativement à un individu normal, une situation perçue comme de faible intensité, ne déclenchera aucune réaction chez l’hypersensible, donnant l’image sociale au premier abord d’une personnalité froide et détachée. 3) Cependant rapidement à partir d’une certaine importance dans la stimulation, la réaction émotionnelle va croître jusqu’à niveau comparable a une personne normale, et rester stable sur un nouvel intervalle de stimuli, 4) jusqu’à ce que l’intensité émotionnelle perçue se mette à croître exponentiellement et dépasser excessivement celle qu’aurait fourni un individu “neurotypique”.

Difficultés et thérapies

Selon certains auteurs américains, parmi les caractères associés à l’hypersensibilité on trouverait une prédisposition aux troubles phobiques et paniques10. Les observations des auteurs français sont plus nuancées.

Les techniques et thérapies existantes sont jugées adéquates si elles ne tentent pas de réprimer l’hypersensibilité mais, au contraire, permettent à l’hypersensible de vivre avec son « excès » de sensibilité, de l’assumer et de trouver des occupations mettant en valeur ce qui a pu lui sembler une source de problèmes

Une sensibilité élevée n’est pas une pathologie :

Selon Jung qui en a parlé le premier, c’est un caractère enrichissant, qu’on ne peut pas considérer en lui-même comme pathologique, ou alors il faudrait faire de même avec un quart de l’humanité (15 à 20% selon des études réalisées bien plus tard).

Maintenant quand cette sensibilité a des conséquences plutôt destructrices, on doit bien admettre qu’on ne peut pas la considérer comme bien normale.

Pour Saverio Tomasella, l’hypersensibilité n’est ni une pathologie ni une anomalie. Elle n’a donc pas besoin d’être soignée. “Devenir humain est une conquête quotidienne, affirme-t-il, et celle-ci passe par la fierté d’être sensible”.

Origines

D’après Elaine Aron, en règle générale, après une enfance difficile, un hypersensible s’est construit un ensemble de protections psychologiques lui permettant de se blinder ou d’éviter un monde perçu comme excessivement violent. Ces mécanismes d’adaptation, à leur tour, peuvent générer une mauvaise adaptation sociale, des difficultés relationnelles, de la souffrance et de la frustration.

Pour Saverio Tomasella, l’hypersensibilité n’est pas génétique, mais découle de l’histoire singulière de chaque personne, depuis sa vie intra-utérine, sans oublier les influences possibles du contexte familial, de la généalogie et de la société.

Source : Wikipedia